vendredi 23 novembre 2012

Aujourd'hui

Aujourd'hui, en philosophie, j'ai appris que, selon Freud :


« L’idée de moraliser quelqu’un, c’est l’exercice de notre tyrannie.»

Et j'ai compris que ...


Aussi louable soit notre objectif, il s’agit-là d’orgueil que de prétendre à modeler quelqu’un à notre image qui, par la présence même de cet orgueil, devient moralement douteuse. On ne peut pas vaincre la résistance de quelqu’un : il s’agit de devenir un moyen pour la personne de comprendre ses propres déviances morales. Imposer un jugement, c’est ajouter de nouvelles résistances à celles que l’on cherche à dissiper et donc, retarder la prise de conscience, si elle doit survenir. D’une façon ou d’une autre, si, après la prise de conscience, succède la confession, vous pourrez vous en féliciter et ainsi satisfaire votre orgueil. 
(*Notez ici que ma prise de conscience passe en grande partie par les mots de notre professeur que j'ai reformulés dans la limite de mes capacités cérébrales... limitées?)

Aussi, en allant aux toilettes après mon cours, j'ai vu qu'une personne avait écrit sur le mur (comme cela se fait sur à peu près tous les murs et portes des cabines de toilette des endroits louches du campus de Rennes 2) : 

«NE PLUS JAMAIS TRAVAILLER» 

Charmant message auquel une autre main avait répondu : 

«pour mieux profiter de mon petit monde égoïste... de ma petite personnalité ''pseudo-originale''... ouais je l'avoue... plus je fume mon herbe, plus je deviens un abruti.» 

Ça m'a fait réfléchir (non pas que je sois une adepte de l'herbe verte, mais plutôt de la glande) et c'était si beau que j'ai cru bon de le partager. 

Deux réflexions en une journée, ce serait un coup à croire que je me surpasse ! 
Bien qu'elles soient un peu contradictoires (l'une suggère la passivité et l'autre l'activité), j'en retiens qu'il faut travailler (sur nous et pour nous) et se concentrer sur des choses que l'on peut changer en nous-même sans chercher à vouloir faire des autres ce qu'ils peuvent très bien arriver à devenir seuls si, et hélas seulement si, ce désir de devenir meilleur naît un jour en eux. (Je pense ici aux cas désespérés d'une sphère de ma vie en particulier. Mes amis geeks comprendront.) 

Have a nice rainy day !

mardi 13 novembre 2012

Nulle part

Je commence à croire qu'en fait je ne serai jamais bien nulle part.

dimanche 23 septembre 2012

Out of control



Des fois, je me dis que c’était trop beau pour être vrai. On a peut-être une étoile comme dit Philippe, mais moi je la trouve pas mal filante notre étoile. Elle passe, en un éclair, juste pour faire son agace, puis elle redisparaît. On ne sait jamais quand elle va passer ni même si elle repassera. C’est une étoile de merde moi je dis. Elle nous donne des faux espoirs de bonheur en espérant qu’on va tenir bon. Mais moi je commence à regretter. À regretter de m’être laissée berner. D’avoir fait confiance à cette maudite étoile. Parce que pour le peu de bonheur qu’elle nous accorde, la contrepartie de malheurs est immense comme l’univers. Moi, je ne pense pas qu’on puisse s’aimer en se détestant autant. Des fois, j’ai envie de lui arracher la tête pour qu’il ferme sa grande gueule. Je ne suis pas tombée amoureuse d’un connard. Mais l’homme que j’ai aimé au début n’existe plus que 14 secondes par semaine. Peut-être qu’en fait j’ai été trop aveugle pour me rendre compte qu’il était déjà comme ça au début. Peut-être que j’ai volontairement fermé les yeux en voulant à tout prix croire que le bonheur était avec lui. Mais maintenant, je pense que les gens avaient raison. J’étais allée voir un mec que je ne connaissais pas et je m’étais créé un fantasme autours de lui, l’idéalisant, l’élevant au rang d’un prince charmant qu’il n’a su être qu’une dizaine de jours. Après, je me suis accroché à ce rêve, à des souvenirs que je modifiais peut-être en comblant d’illusions mes trous de mémoire ponctuels. Mais la vérité, je crois désormais la savoir. Il m’avait prévenue, me dirait-il, qu’il n’était pas «fait» pour l’amour. En bonne tête de noeuds que je suis, je devrais n’en vouloir qu’à moi-même. Mais la haine que j’éprouve de m’être à ce point bercée d’illusions est toute dirigée contre lui. Je le hais désormais plus que je n’ai pu l’aimer. À quoi bon s’acharner? Parce que je n’ai rien d’autre. Tout ce qu’il me reste, c’est le pont sous lequel passe le train en haut de notre rue. L’autre soir, j’y suis allée et j’y ai pensé. Je ne l’ai pas fait parce que j’avais peur de la fin, mais aussi parce que je me suis dit que j’allais gâcher ma vie pour quelqu’un qui s’en foutait. Quand les lampadaires se sont éteints et que je me suis retrouvée prématurément plongée dans le noir, je me suis dit que le vrai noir, si le noir artificiel m’effrayait tant, devait être affreux. J’ai aussi songé à ce que je n’avais pas encore vécu. La première idée qui me soit venue fut celle de l’enfant dont je rêvais et que je n’avais toujours pas eu. C’est cette seule idée qui m’a fait rebrousser chemin, comme s’il m’attendait à la maison dans un espace-temps parallèle. J’ai toujours l’espoir qu’un petit bébé venant de nous, parce que je n’en voudrais un de personne d’autre, puisse me redonner confiance en la vie. Parce que je ne crois plus en lui. Il est trop différent de celui que j’aimais à Paris qui avait tant à coeur mon bien-être. L’homme avec qui je vis aujourd’hui ne pense plus qu’à lui. Et s’il pouvait ne serait-ce que m’octroyer l’amour dont j’ai tant besoin, j’aurais envie de prendre soin de lui également. Mais il ne sait parler que quand quelque chose ne lui plaît pas. Il ne me communique plus ses besoins, pensées et envies que dans une cadre de négativisme : pour se plaindre, pour me gronder, etc.. Jamais il ne sait être gentil lorsqu’il voudrait que je participe à notre vie, alors ne n’en ai plus envie. Il ne sait me faire que des reproches, jamais d’encouragements. 

Comment, dans une telle situation, pourrais-je arriver à éprouver de l’amour pour quelqu’un qui ne fait que me rabaisser au point de me faire sentir complètement inutile ? 

Je carbure à l’amour et aux attentions. 
Dans un climat hostile et froid, j’entre en hibernation. 
La souffrance m’empêche de fonctionner. 
Je deviens agressive si on essaie de me réveiller. 

Mais à quoi bon lui en parler ? 
Il ne saurait me répondre que par un : «Je me sens comme toi, tu ne me donnes pas d’amour non plus.» 

C’est une boucle sans fin. 
Une spirale infernale. 
Et je perds le contrôle... 

jeudi 31 mai 2012

J'aime Paris. Je veux être Paris. Je suis Paris.



«Tel est ce Paris. Les fumées de ses toits sont les idées de l'univers. Tas de boue et de pierres si l'on veut, mais par-dessus tout, être moral. Il est plus que grand, il est immense. Pourquoi? parce qu'il ose. Oser; le progrès est à ce prix. [...] L'aurore ose quand elle se lève. Tenter, braver, persister, persévérer, s'être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête; voilà l'exemple dont les peuples ont besoin, la lumière qui les électrise.» 

-Victor Hugo, Les Misérables. Tome II p. 120-121

J'aime Paris.
Je veux être Paris.
Je suis Paris.

vendredi 13 avril 2012

Ambitions

«On va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part.»
-Pierre Falardeau

jeudi 5 avril 2012

Pris en otage, nous tanguons.

Nous sommes pris en otage. 
Pris en otage par la tristesse qui nous ravage.
Pris en otage par le manque qui nous détruit.
Pris en otage par le temps qui nous presse.
Pris en otage par votre incertitude qui nous immobilise. 
Pris en otage par vos craintes qui nous condamnent. 
Pris en otage par votre méfiance qui cherche à nous diviser. 
J’espère à chaque nouveau jour qui se lève pouvoir apporter un peu plus de lumière à mon âme, plus de clarté à mes pensées. Mais au lieu de pouvoir lever le voile sur mes incertitudes, celles-ci se font de plus en plus pesantes, nombreuses et insistantes. Comment allons-nous nous retrouver? Mais surtout, quand allons-nous pouvoir le faire? L’angoisse s’insinue chaque seconde plus profondément dans mon coeur. Le stress et l’anxiété assaillent mes pensées et pétrifient ce qui reste de ma volonté. 
J’ai peur.
Peur de ne plus jamais pouvoir revoir celui que je considère comme mon âme soeur, ma moitié. Peur de ne plus jamais pouvoir le serrer dans mes bras pour lui montrer que je suis là. Peur de ne plus jamais pouvoir lui tenir la main pour marcher fièrement à ses côtés. Peur de cette solitude et de cet éloignement qui nous brise chaque jour de plus en plus le coeur. 
Nous avons commis des erreurs. 
La jeunesse et l’inexpérience pourraient-elles plaider en notre faveur? 
L’important n’est-il pas justement de réaliser qu’on a commis des fautes, de les admettre et de les accepter pour pouvoir progresser?
J’ai commis des erreurs. De graves erreurs pour lesquelles je cultive aujourd’hui des regrets. Si seulement j’avais réalisé avant...
Si seulement j’avais réalisé la chance inouïe que j’avais qu’il soit là, juste à côté de moi. Si seulement j’avais saisi cette chance et l’avais fait fructifier... 
Si seulement nous avions pris soin l’un de l’autre alors que nous étions tous les deux.
Si seulement nous avions discuté au lieu de se fuir.
Si seulement. 
Et de votre côté, vous devez vous dire : Si seulement ils ne s’étaient jamais rencontrés..
Tout ne serait-il pas plus facile pour chacun d’entre nous «si seulement..» ? 
Mais on avance pas beaucoup à coups de «si seulement», n’est-ce pas?
C’est ce que j’essaie de me dire. Toutefois, ce n’est pas si évident.  
Ce n’est pas si évident lorsque je te vois pris en otage entre eux et moi, cherchant à combler leurs mille et un désirs pour ne serait-ce que pouvoir me parler. Chercher à les contenter alors qu’ils ne sont jamais complètement rassasiés. Alors que tout ce qu’ils peuvent te dire au final, après tout ce que tu fais, c’est qu’il y a encore quelque chose qui ne va pas chez toi et que je suis campée derrière toi pour te manipuler et te dire de ne pas les écouter. Et pendant ce temps, toute cette pression et tout ce stress te rendent malade et t’épuisent... Pendant ce temps où je ne suis pas près de toi pour t’appuyer et t’aider à affronter tout ça. Tout arrive en même temps pour toi, je le sais. Et je regrette sincèrement de ne rien pouvoir y faire ou, du moins, de ne pouvoir t’apporter qu’une aide pitoyable et insignifiante au regard de tout ce que tu dois accomplir.

Mais c’est qu’il y a une seule chose qu’ils ne comprennent pas : On s’aime.
Beaucoup plus fort que ce qu’ils peuvent imaginer... À quoi bon s’enticher de quelqu’un qui est à l’autre bout de l’océan et vouloir à tout prix continuer si ce n’est qu’une petite amourette de collégiens qui se soldera, comme ils le pensent, nécessairement par un échec ? À quoi bon faire compliqué quand on peut très bien faire simple ? Toi te trouver une femme française. Moi me trouver un homme québécois. Ça semble si simple et logique pour eux qu’ils ne sont même pas prêts à nous laisser une seconde chance. 
On ne peut prédire l’avenir, heureusement. C’est ce qui le rend si emballant et plein de surprises. Mais on peut agir pour tenter de lui faire prendre la tournure que l’on voudrait. On ne peut revenir sur le passé, également. C’est ce qui fait qu’on apprend de nos erreurs et qu’on arrive à se relever des coups durs pour mieux repartir. 
Il me manque, beaucoup plus que je n’aurais jamais pu me l’imaginer. 
Beaucoup plus que lors de mon départ pour le Canada. 
Beaucoup plus que les mots ne peuvent l’exprimer, hélas. 
La douleur engendrée par notre séparation est si vive qu’elle ne cesse de s’amplifier au lieu de tout simplement s’estomper. Le mal causé par ces 6000 km de distance s’intensifie chaque seconde et détruit peu à peu les dernières onces de courage qu’il me reste. 
Comment et quand?
Quand et comment?
Je tangue. 

jeudi 29 mars 2012

Juillet 2009 : Just so you know que ça fait longtemps que j'suis comme ça.

Vous est-il déjà arrivé de sentir que vous n'apparteniez pas au monde dans lequel vous viviez? C'est de plus en plus l'impression que j'ai. Je sens que ma place n'est pas ici, qu'elle est ailleurs, loin, mais où? Je n'ai pas ce sentiment d'attachement, d'appartenance qui devrait me lier aux gens qui m'entourent. Au risque de paraître individualiste, j'ai l'impression que tout le monde ne se préoccupe que de lui-même. Je suis de ceux qui font partie de ce «tout le monde». Je m'accroche en vain à des choses futiles, à des personnes qui n'ont que faire de celle que je suis, mais qui préféreraient que je sois celle qu'ils veulent que je sois. Une phrase : «Il ou elle n'est pas tel(le) que je le voudrais.» Pourquoi vouloir changer la nature même des gens ? Un mot : Égoïsme. Les humains sont, ont toujours été et seront éternellement égoïstes.

Victoriaville, Juillet 2009